A quoi servent les normes ISO dans le cadre d’une stratégie RSE ?

Une norme est par définition un standard établi par un organisme agrée en raison du sérieux et de l’impartialité de son processus d’évaluation. Les normes ISO sont une série de documents officiels régulièrement révisés et produits par l’Organisation Internationale de Standardisation. C’est dans cette mesure que ces outils de pilotage sont à considérer dans le cadre du déploiement d’un stratégie RSE. Elles représentent un guide pertinent pour orienter les initiatives de l’entreprise.

 

Des indicateurs du degré de responsabilité d’une stratégie

Depuis sa création en 1947, l’Organisation Internationale de la Normalisation a publié plus de 21 700 [1] normes applicables dans un spectre très étendu de contextes. La RSE n’a pas été exclue de cette démarche et c’est dans cette mesure que la norme ISO 26000 [2] a été publiée en 2010. Elle permet aux entreprises soucieuses de leur empreinte sur la société de suivre des lignes directrices permettant de réduire l’empreinte carbone qu’elles exercent sur leur écosystème. Cette norme contenant des préconisations, et non des exigences, elle ne permet donc pas l’obtention d’une certification.

Néanmoins, l’un de ses atouts est qu’elle est applicable par toutes les organisations, indépendamment de leur taille ou même de leur secteur d’activité. Elle met en avant l’importance de certaines pratiques comme la prise en compte des parties prenantes de la société dans les décisions stratégiques ou encore le fait d’identifier l’impact de ces décisions et leurs conséquences pour l’écosystème de l’entreprise.

D’autres normes peuvent intéresser des entreprises de secteurs spécifiques comme ISO 20121 qui vise à promouvoir le développement durable dans le cadre d’activités évènementielles. Certaines sont spécifiques à une des dimensions de la responsabilité sociétale des entreprises à l’instar de ISO 14001 [3]. Cette dernière vise à définir un cadre global de la politique environnementale des sociétés.

Tous ces documents permettent d’aiguiller les décisions stratégiques pour les orienter vers une conception de l’entreprise en accord avec le bien commun. Ils représentent donc un outil à prendre en compte dans la cadre d’une politique RSE. Pourtant, il est nécessaire de souligner qu’ils souffrent de limites certaines qu’il convient d’aborder.

 

Un indicateur qui ne prend pas en compte l’impact réel de l’entreprise sur son écosystème

Certaines études [4] pointent une limite claire aux normes ISO et plus particulièrement à ISO 26000 : si un cadre basé sur des standards permet de guider l’entreprise dans sa démarche, la mise en œuvre des initiatives n’est pas identique d’une entreprise à l’autre. A cela s’ajoute que « l’intégration de la norme requiert un temps long et un effort d’adaptation aux enjeux du secteur, de l’activité et de la territorialité de l’organisation » [ibid]. Il en résulte que les résultats et donc les bénéfices pour l’écosystème sont hétérogènes et à considérer sur une temporalité différente suivant les structures.

L’exemple d’ISO 14001 illustre également que la performance n’est pas prise en compte par les organismes de certification et que seule la stratégie l’est en réalité, ce qui ne permet pas d’évaluer l’impact réel de la structure sur son écosystème.

Malgré ces limites clairement identifiées, une approche pertinente pour tirer le meilleur parti de ces lignes directrice reste de s’inspirer de plusieurs normes plutôt que de faire reposer sa stratégie sur une seule d’entre elles. De cette manière, il sera possible de développer une approche inspirée de plusieurs standards et d’initier une politique RSE plus ambitieuse, notamment en combinant à ISO 26000 les normes ISO 9001 (relative au management de la qualité) et ISO 14001. De plus, pour évaluer la performance de cette stratégie, collaborer avec des labels RSE [5] peut être envisagé, et représente un excellent complément à ISO 26000 pour déployer une politique RSE efficiente. Néanmoins, celui-ci doit être fiable, s’appuyer sur des critères et un cahier des charges pertinent ainsi que sur une méthode d’valuation claire, transparent et incontestable

En d’autres termes, si les normes ISO sont un bon outil pour développer une stratégie RSE, elles sont insuffisantes pour mener une politique RSE performante. Pour cela, n’hésitez pas à vous appuyer sur d’autres ressources comme des labels.

[1]3-0, 2019. « Les labels et les normes ». [En ligne], disponible sur : https://www.3-0.fr/accueil-doc-dd/les-labels-et-les-normes/les-normes-iso#:~:text=En%202017%2C%20l’Organisation%20Internationale,technologie%20et%20de%20l’%C3%A9conomie.

[2] Organisation Internationale de Normalisation, 2021. « ISO 26000 : 2010 ». [En ligne], disponible sur : https://www.iso.org/fr/iso-26000-social-responsibility.html

[3] Organisation Internationale de Normalisation, 2021. « ISO 14000 – Management environnemental ». [En ligne], disponible sur : https://www.iso.org/fr/iso-14001-environmental-management.html

[4] P. SCHÄFER, K. PAULUS, 2016. « La construction d’une stratégie RSE par l’ISO 26000 : une comparaison de deux entreprises au prisme du contextualisme ». RIODD 2016. [En ligne], disponible sur : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01350014/document

[5] FORSE, « Chartes et labels » 2021. [En ligne], disponible sur : https://www.forse-rse.org/liens/chartes-et-labels-rse/

20 janvier 2021 – 6 min de lecture