La trottinette électrique, est-ce vraiment une bonne idée pour décarboniser son mode de transport ?

Les trottinettes électriques – ou e-scooters aux Etats-Unis – ont massivement investi les paysages urbains français à partir de 2017. A la source de cette démocratisation se trouvent des sociétés privées qui proposèrent un service de location sans station, utilisable grâce à un smartphone et payable au temps d’utilisation. L’engouement fut réel et surtout massif (1,5 millions d’utilisateurs étaient recensés en 2019 [1]), si bien que de nombreuses questions, règlementaires en particuliers, se sont posées. Toutefois, une question de fond entoure ce nouveau moyen de mobilité : présenté comme le transport du futur en raison de son prétendu caractère écologique, la trottinette électrique est-elle une option valable pour décarboniser son mode de transport ?

Des performances environnementales en demi-teinte

Une simple entrée sur un moteur de recherche de l’expression « trottinettes électriques écologiques » génère approximativement 2 060 000 résultats. De nombreux articles et études sont consacrés à cette question, soulevant une problématique de fond : les trottinettes électriques sont-elles aussi écologiques que leurs chantres le prétendent ? Sur le papier, il s’agit de véhicules légers roulant à l’énergie électrique, réputée moins polluantes que les moteurs à combustion thermique. La trottinette électrique n’émet en tout et pour tout que 24 gr. de CO2 par kilomètre, ce qui est huit fois inférieur aux émissions par passager d’une voiture à motorisation moyenne (193 gr. de CO2 par kilomètre) ou un bus urbain (146 gr. de CO2 par kilomètre). Pourtant, si on dresse cette comparaison en valeur absolue avec le métro ou le RER en Île de France, le bénéfice écologique du e-scooter s’étiole : les émissions de CO2 par kilomètre atteignent 2.50 gr. par passager pour le métro et 4.10 gr. pour le RER. Le constat est d’autant plus sévère si on compare les performances de la trottinette électrique au vélo, dont le bilan carbone par kilomètre est nul et l’énergie grise, c’est-à-dire la quantité d’énergie consommée lors du cycle de vie de l’objet, est principalement concentrée dans la phase de fabrication.

Certaines études [2] démontrent que la question de l’impact environnemental de ces véhicules nourrit un lien avec changement d’habitude qu’ils ont créé. Quand on opte pour la trottinette électrique plutôt que pour la voiture, on effectue ce que les spécialistes appellent un « report modal » de l’auto vers l’e-scooter. Néanmoins, les reports modaux observés dans le cas de la trottinette ne concernent pas les véhicules les plus polluants mais le vélo, la marche à pied ou la trottinette non-électrique. Il en résulte un accroissement mécanique des émissions de gaz à effet de serre.

Un autre élément à charge des trottinettes électriques ternit leur empreinte environnementale, à savoir l’énergie grise accumulée lors de leur fabrication et la faible durée de vie de ces appareils. Équiper chaque e-scooter d’une batterie suppose un investissement en ressources rares. Dans l’hypothèse d’une durée de vie de plusieurs années, l’investissement pourrait être pertinent. Toutefois, la durée de vie des véhicules en libre-service ne dépasse pas une année, voire, comme le suggèrent certaines publications, moins d’un mois [3] en raison de vandalisme ou d’un usage peu respectueux des usagers. S’y ajoutent les dépenses en carburant dues à la gestion des flottes. Les trottinettes sont embarquées dans des camions à moteur thermiques pour regagner l’atelier où elles seront révisées et rechargées.

 

Un bilan carbone qui pourrait s’améliorer sous certaines conditions

Le bilan environnemental des trottinettes électriques est pour le moins mitigé. Toutefois, cette technologie représente un potentiel à ne pas négliger pour favoriser une mobilité urbaine plus respectueuse de l’environnement.

Selon Anne de Bortoli [4], chercheuse en durabilité des transports à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, « Une trottinette personnelle bien entretenue peut durer 15 000 km : elle devient alors aussi performante que les transports en commun à Paris ». En accroissant la durée de vie de ces véhicules, on réduit l’énergie grise qu’ils accumulent. A cela doit s’ajouter une réflexion de fond sur le cycle de production afin d’optimiser l’impact environnemental de cette étape qui, dans le cas de ce véhicule, est la plus préjudiciable à son impact environnemental.

Enfin, un dernier axe d’amélioration serait d’optimiser le processus de révision et de recharge des trottinettes en libre-service pour en limiter les effets délétères sur la planète.

Pour conclure, il convient de citer Anne de Bortoli qui estime que « bien employée, la trottinette a donc toute sa place dans un système de mobilité bas-carbone ».

La trottinette électrique, un sujet de société illustrant les enjeux qu’EveryAct vous aide à relever

Comme présenté ci-dessus, la trottinette électrique revêt un potentiel pour la mobilité de demain. Cette technologie fait partie de ces solutions qui, à terme, permettront de résoudre les problématiques de notre modèle de mobilité et plus largement celles liées à notre conception de la société. Ces nouvelles technologies sont fertiles de bénéfices mais, comme l’illustre l’exemple des trottinettes électriques, peuvent nécessiter certains ajustements pour révéler leur plein potentiel.

C’est pour vous permettre d’en tirer le meilleur qu’EveryAct a vu le jour. Car si la réalisation d’un programme environnemental efficace nécessite des idées pertinentes, leur exécution est toute aussi cruciale.

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[1] Aviva, 2019. « Les Français et les Nouveaux Véhicules Électriques Individuels en quelques chiffres clés ». [En ligne], disponible sur : https://www.aviva.fr/conseils-en-assurance/mes-proches/chiffres-cles-nvei.html

[2] J. HOLLINGSWORTH, B. COPELAND, J. X. JOHNSON, 2019. « Are e-scooters polluters? The environmental impacts of shared dockless electric scooters », in IOP Publishing Ltd. [En ligne], disponible sur : https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ab2da8

[3] A. GRISWOLD, 2019. « Shared scooters don’t last long », in Quartz. [En ligne], disponible sur : https://qz.com/1561654/how-long-does-a-scooter-last-less-than-a-month-louisville-data-suggests/

[4] Laboratoire « Ville Mobilité Transports », 2021. « Présentation académique de Anne de Bortoli ». [En ligne], disponible sur : https://www.lvmt.fr/equipe/anne-de-bortoli/

21 Avril 2021 – 9 min de lecture